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Champion du monde de karaté - Christophe Pinna rêve de gloire olympique

Champion de France, champion d’Europe et champion du monde, le karatéka français Christophe Pinna a connu tous les succès possibles dans sa carrière. Tous ? Non, un seul lui manque : une médaille olympique. Alors, que cette discipline a été mise au programme des Jeux de Tokyo en 2020, il est sorti de sa retraite de 17 ans pour se lancer un nouveau défi encore plus fou. Nous avons eu une chance exclusive de le rencontrer alors qu’il terminait un atelier à Anahita The Resort. Pour les lecteurs de Côte Nord, il revient sur sa carrière et explique son rêve olympique.

Vous avez commencé le karaté très tôt à l’âge de 5 ans. Pourquoi ce sport ?

Comme j’étais un élève turbulent, le directeur de l’école a conseillé à mes parents de m’inscrire à des cours d’arts martiaux, judo ou karaté, pour apprendre une discipline et canaliser mon énergie. Il y avait des cours de karaté à l’école deux fois par semaine et mon frère et moi-même avons été inscrits. Cela a donc commencé comme une punition, puis comme j’aimais donner des coups de poing et de pieds, je me suis intéressé de plus près à cette discipline pour arriver à mon rêve ultime,celui de devenir champion du monde. À la perte de ma mère lorsque j’avais 17 ans, je me suis réfugié dans le karaté. J’ai fait mon service militaire, puis je me suis engagé au Bataillon de Joinville avant de me lancer à fond dans la compétition. Je suis devenu champion de France et d’Europe junior et enchaîné les succès jusqu’à devenir champion du monde par équipe et enfin en individuel en 2000.

Des influences ?

Comme un peu partout dans le monde, Bruce Lee a été une influence phénoménale. Il a bercé mon enfance Après il y a une différence entre le cinéma et la compétition. Il y a eu aussi Pinda et Montama surtout.

Faut-il des qualités spécifiques pour devenir un champion de karaté ?

La morphologie idéale serait celle d’une personne longiligne, très saillante, très rapide mais mon expérience des différents adversaires montre qu’il y a des personnes plus petites, parfois trapues ou légèrement obèses qui viennent perturber les règles.

C’est aussi dans le mental ?

Oui. Je pense qu’au karaté, chacun peut avoir sa chance. Il suffit d’adapter sa morphologie.

Quel était votre rythme d’entraînement au moment le plus fort de votre carrière ?

Beaucoup d’heures d’entraînement. Je passais le plus clair de mon temps dans la salle de gym. Réveil à 7 h 00, course de 7 h 30 à 8 h 30, puis petit-déjeuner suivi de 10 heures à 12 heures du travail de fond avant la petite sieste. Puis massage, et travail des techniques spéciales pendant 1 heure, pause avant les combats de 18 heures à 20 heures. Le mercredi c’était repos et les week-ends les compétitions.

Les plus belles satisfactions de votre carrière ?

Quand on fait un sport, on rêve de devenir champion du monde mais je trouve que la plus belle des choses c’est d’avoir le courage et la possibilité d’exploiter au maximum son potentiel. Si mon potentiel était moindre et que j’avais été au bout de mes possibilités, je serais déjà heureux d’être champion de France.

Le plus beau des combats à faire, c’est celui de vous transformer d’une pierre brute en une pierre la plus travaillée possible et cela, quel que soit votre niveau. Au final, c’est le chemin que vous prenez qui importe. La vraie satisfaction, c’est d’aller jusqu’au bout.

Comme je suis dans un sport individuel, la seule personne avec laquelle on peut tricher c’est soi-même. Je peux donc dire en toute honnêteté que je suis allé au bout de moi-même.

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Vous avez arrêté la compétition en octobre 2000 et vous revenez après 17 ans pour essayer de gagner la seule médaille qui vous manque, la médaille olympique. Ce n’est pas un peu tard ?

Pour gagner en 2000, j’ai énormément souffert, j’avais 33 ans et j’étais le plus vieux de l’époque. J’ai alors rangé mon kimono en me disant que la compétition, c’était terminé pour moi. Bien sûr, aimant relever les défis, j’ai pris part à des événements comme le Marathon des sables, ou la Diagonale des Fous. Je n’ai eu aucun regret et je n’ai jamais regardé en arrière.

Quand ils ont annoncé aux Jeux de Rio que le karaté deviendrait l’une discipline olympique, je me suis réjoui pour les jeunes mais sans plus. Et puis je me suis dit, pourquoi pas moi. Parfois, on ne choisit pas ses rêves…. Finalement, je me suis dit que j’irai « au bout de mes rêves pour gagner cette médaille olympique, et ce, peu importe sa couleur ».

Est-ce que vous êtes déjà dans la sélection de France

Même pas ! Mais ce n’est qu’en janvier 2018 que chaque athlète commencera à engranger des points sur les compétitions K1, les championnats d’Europe, les championnats du monde. Il faudra commencer à être fort à partir de janvier.

Et votre corps, il répond à ces nouvelles sollicitations ?

Je pratique beaucoup de sports mais dès que l’on entre dans le sport de haut niveau on a d’autres contraintes physiques. Du coup, je souffre beaucoup de mon dos et pour le moment j’ai de grosses difficultés à m’entraîner mais j’espère que cela va entrer dans l’ordre prochainement. Les médecins sont confiants.

Christophe_Pinna_3Pendant votre retraite du haut niveau, vous vous êtes impliqué dans beaucoup de choses, parleznous-en.

Aujourd’hui mon activité principale c’est le sport pour les personnes âgées. Depuis quatre ans, j’ai une société, Capacity, qui travaille avec 160 maisons de retraite. On a fait un programme d’activités physiques adaptées reconnues en France comme moyen thérapeutique non-médicamenteux. Le programme a été conçu par Lionel Faccenda, titulaire d’un doctorat en Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives et chercheur associé à l’Université de Nice, et moi-même.

Comme il est prouvé médicalement que l’on peut ralentir l’ostéoporose par des micro-impacts, on a intégré cela dans le programme sportif. Il y a environ 6 000 personnes qui font du sport tous les matins avec ma société.

Et quid des défis comme le Marathon des Sables ou la Diagonale des Fous ?

C’est le moment de se retrouver seul et de se poser les bonnes questions, il y a des gens qui préfèrent aller en retraite, moi j’associe la souffrance à la solitude.

Et le trail ?

J’ai vu que Maurice organise pas mal de beaux trails. Si le calendrier le permet, je serais bien intéressé de venir courir ici, peut-être au Ferney Trail.

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