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Le Coin de Mire vu de Cap Malheureux.

Le Coin de Mire, la sentinelle du Nord

Ilot rocheux situé au nord de Maurice, le Coin de Mire veille depuis des siècles sur la tranquillité des eaux mauriciennes. Cette réserve naturelle abrite également de nombreuses espèces rares et endémiques.

Telle une montagne semblant surgir de l'océan, le Coin de Mire étend sa longue silhouette au large de la côte nord mauricienne. De la trentaine d'îlots présents autour de Maurice, il fait partie des plus reconnaissables et des plus hauts, avec un point culminant situé à 160 mètres au-dessus des flots.

Cette île d’origine volcanique, d’une superficie de huit hectares, a intrigué les premiers colons de l’île Maurice, les Hollandais, dès le 16e siècle. Ces derniers tentèrent de s’y installer pour y faire pousser la canne à sucre. Une entreprise qui fut rapidement abandonnée à cause du climat aride et venteux qui prévaut sur l'îlot. On y trouve encore quelques vestiges de cette tentative avortée.

Le Coin de Mire (Gunner’s Quoin en anglais) doit son nom à la forme triangulaire de son point culminant. Il ressemble ainsi à une sorte de cale en bois utilisée autrefois pour stabiliser les pièces d’artilleries, le “coin de mire”. Certains Mauriciens pensent que le nom de l’îlot lui a été attribué à cause de dispositifs militaires qui y auraient été placés pour la défense de Maurice à l'époque française.

Les eaux bleues et limpides du Coin de Mire en font un lieu exceptionnel pour la plongée et la baignade.

Les eaux bleues et limpides du Coin de Mire en font un lieu exceptionnel pour la plongée et la baignade.

Il est vrai que des canons y furent entreposés, mais les Français concentrèrent plutôt leurs efforts de défense sur l'île Plate, sa voisine moins abrupte. Les côtes du Coin de Mire sont en effet faites de roches et de falaises, et sont par conséquent très difficilement abordables. Du côté nord de l’îlot, on peut d’ailleurs encore admirer un vieux canon incrusté dans la roche au pied d’une falaise.

Dans son livre Voyage aux Indes orientales, dans les années 1802, 1803, 1804, 1805 et 1806, l’auteur Charles François Tombe raconte, en parlant de l’île Plate et de l'îlot Gabriel: “Pendant la dernière guerre (entre la France napoléonienne et le Royaume-Uni, Ndlr), des croiseurs anglais s’emparèrent de ces iles, et enclouèrent deux pièces de canon qui se trouvaient sur le Coin de Mire”.

Mais plus que son passé historique et militaire, c’est la richesse de sa faune et de sa flore qui fait du Coin de Mire un lieu exceptionnel. On y compte en effet pas moins de 24 espèces endémiques, dont le fameux latanier bleu, le veloutier vert, un aloès qui ne pousse que dans les îles du Nord de Maurice, ainsi que plusieurs espèces de geckos telles que le Nactus coindemirensis et le scinque à queue jaune, réintroduit récemment grâce aux efforts de la Mauritian Wildlife Foundation.

Les falaises du Coin de Mire vues de la mer, côté nord.

Les falaises du Coin de Mire vues de la mer, côté nord.

Malheureusement la faune et la flore endémiques du Coin de Mire ont énormément souffert de l’introduction d'espèces envahissantes telles que les rats ou les lièvres, qui étaient abondants sur le petit rocher avant leur éradication dans les années 2000. Le Coin de Mire abrite aussi de nombreux oiseaux marins, dont le remarquable paille-en-queue, volatile gracieux et emblématique. Des centaines d’entre eux nichent dans les hautes falaises de l'île, offrant un superbe spectacle aux bateaux de passage.

Comme l’avait observé le naturaliste Jean-Baptiste Baury de St-Vincent, membre de l'expédition Baudin au début du 19e siècle, “de tous ces rochers épars, le Coin de Mire est le plus digne de fixer l’attention du géologue”. En effet, étant donné que l'îlot n’est doté d’aucune barrière corallienne, les roches formées par d’anciennes coulées de lave ont été sévèrement érodées par les éléments, découvrant au moins trois coulées distinctes. A l’observer de près, le Coin de Mire ressemble presque à une immense tranche de gâteau découpée au couteau.

Au pied du sommet de l'île, côté mer, se trouve une large grotte d’environ deux mètres de diamètre d’où entre et ressort avec fracas le ressac. Les habitants du Nord l’appellent le “trou de Madame Angot”, un nom probablement inspiré par une femme aux mœurs légères.

Les eaux limpides qui entourent le Coin de Mire sont idéales pour la plongée. Plusieurs de ces “spots” sont très fréquentes, et, le week-end, de nombreux bateaux viennent mouiller près de l’ile. Le Coin de Mire reste toutefois beaucoup moins fréquenté que sa voisine, l'île Plate, qui est dotée de superbes plages de sable fin.

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