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Bambara 1

Faune locale: le bambara (concombre de mer)

Les bambaras, ou concombres de mer en francais, sont des organismes extrêmement importants. En drainant l’eau de mer, ils la clarifient et contribuent ainsi à la beauté cristalline des lagons.

Marcher sur un bambara, ce n’est pas drôle. Ces étranges boudins qui reposent sur le sable éjectent généralement de longs filaments blanchâtres pour se protéger. Ça colle partout et c’est désagréable... A y regarder de près, ces animaux bizarres ne semblent pas servir à grand-chose. Pourtant, ils jouent un rôle capital dans l'écosystème des lagons.

Bambara 2

Stypata maculata, que l’on appelle “sambrasse” à Maurice, est la plus longue holothurie du monde.

Il n’y a qu'à voir les régions où l’on ne trouve plus cette espèce. L’eau de ces lagons perd bien souvent de sa pureté... Holothurie de son nom scientifique, cet animal regroupe de nombreuses espèces différentes. Il s’agit d’un animal benthique, qui vit sur le fond de l'océan. L’holothurie se nourrit en aspirant l’eau et le sable pour capturer du plancton, des détritus ou des sédiments. Elle expulse ensuite de l’eau purifiée.

Encore plus étonnant, si elle se sent en danger, l’holothurie peut expulser de son corps ses organes internes pour leurrer son prédateur. L’animal ne conserve que les organes respiratoires. Les organes repoussent ensuite. Cela peut prendre une semaine chez certaines espèces, plusieurs mois chez d’autres...

Sur certaines côtes mauriciennes, on peut encore apercevoir plusieurs espèces de bambaras, comme par exemple la Stichopus herrmanni ou encore la Stypata maculata, qui ressemble à un serpent de mer et peut atteindre trois mètres de long, un record mondial. Malheureusement, ces populations sont en nette régression sur nos côtes, mais aussi au niveau planétaire.

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Stichopus chloronotus, autre espèce présente à Maurice

La raison: il s’agit d’un mets de choix dans nombre de pays asiatiques, comme la Chine, le Japon, l'Indonésie, la Malaisie, mais aussi, plus près de nous, Madagascar. Il y a quelques années, une razzia a débuté dans les lagons mauriciens. De nombreux pêcheurs, qu’ils soient professionnels ou amateurs, se sont rués sur les bambaras, pour les sécher et les vendre à des exportateurs. On ne consomme pas le bambara à Maurice, mais les populations ont tout de même diminué de manière drastique à cause de la surpêche. Lent et inoffensif, le bambara est extrêmement facile à pêcher, ou plutôt à “récolter”.

Aujourd’hui, peut-être grâce à la sensibilisation, à une retombée du marché ou tout simplement à une baisse notable des populations, donc des récoltes, les bambaras semblent être un peu moins pêchés. Ce qui a permis à l’holothurie de reconquérir certaines portions de lagon. Toutefois, la menace n’est pas complètement écartée, car la pêche n’est pas régulée.

Le gouvernement, de son côté, envisage d’en faire un business lucratif. L'élevage de bambaras dans des fermes d’aquaculture fait ainsi partie des plans des autorités pour le développement de l’économie océanique.

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