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Plantes endémiques

Petit guide des plantes endémiques de l'île Maurice  

La forêt primaire mauricienne, aujourd’hui quasiment disparue, contenait de nombreuses plantes remarquables. Certaines existent encore aujourd’hui, dont plusieurs sont en voie d’extinction. Voici une petite introduction à cette flore magnifique qui peuplait autrefois notre île.

Combien d'espèces de plantes indigènes mauriciennes connaissez-vous? Quelques-unes, sans doute, mais vous connaissez probablement beaucoup plus d'espèces d’animaux endémiques. Comme la plupart des Mauriciens, d’ailleurs.

Plantes endémiques

Bois d'ébène

Afin de vous éclairer un peu, nous vous proposons cette petite liste non-exhaustive de quelques-unes des espèces de plantes endémiques les plus remarquables de l'île Maurice. Si vous souhaitez décorer votre jardin de certaines de ces belles plantes, sachez que de jeunes pousses de plusieurs d’entre elles sont commercialisées dans la plupart des pépinières de l'île.

Fait intéressant: un grand nombre des plantes et arbres endémiques de Maurice et d’autres îles de la région ont développé un procédé étonnant pour échapper à la voracité de leurs prédateurs les plus redoutables: les tortues. Autrefois, l’île était peuplée de milliers de tortues terrestres géantes, qui se délectaient des jeunes pousses et des arbustes.

Pour dissuader ces mastodontes de dévorer les jeunes plantes, les feuilles juvéniles sont devenues au fil des générations grasses, très sombres, de forme très allongée, et souvent zébrées de motifs rouges. L’objectif est de faire croire aux tortues que ces feuilles sont toxiques. Lorsque l’arbre devient adulte, les feuilles s’arrondissent et prennent une teinte de vert plus pâle. On observe ce phénomène chez le bois mapou, le bois d’olive, le bois de rat, et de nombreuses autres espèces indigènes.

Plantes endémiques

Bois de reinette

Une remarquable adaptation à un milieu très particulier, qui a fait la joie du grand naturaliste Charles Darwin lors de ses passages chez nous, lors du voyage du Beagle (1836) et ses efforts plus tard pour la sauvegarde d'espèces endémiques locales. Le célèbre naturaliste mentionne d’ailleurs le phénomène dans L’origine des espèces, le livre qui popularisa la théorie de l’évolution.

Nous avons choisi de conserver les noms donnés à ces plantes par les habitants de la région. On notera que ces noms, très imagés, sont tout à fait typiques de la langue créole.

 

Plantes endémiques

Bois de chandelle

Bois chandelle

Très belle plante appréciée pour ses qualités décoratives, le bois de chandelle n’est presque plus visible dans son habitat naturel. Ce succulent aux longues feuilles d’un vert intense regroupées au sommet du tronc fait penser à une chandelle dont les feuilles seraient les bougies. La plante peut mesurer environ quatre mètres. Elle est originaire du Coin de Mire et de l’île aux Aigrettes, où elle a été réintroduite récemment.

Bois bœuf

Peut-être moins connu que d’autres espèces présentées ici, le bois de bœuf est malheureusement en danger critique d’extinction. Cet arbuste aux fleurs et aux fruits très parfumés (dont raffolent les chauves-souris) n’est plus visible que dans quelques poches de verdures dans les environs de Yémen, et sur l'île aux Aigrettes.

Bois d'ébène

Sans le vouloir, le bois d'ébène a été probablement à l’origine des premières grandes déforestations qu’a connues l'île Maurice. Le cœur de son tronc, à la fois dense, lisse, très résistant et extrêmement sombre, est l’une des essences de bois les plus recherchées au monde. Des forêts entières de bois d'ébène, autrefois présent en grand nombre partout à travers l'île, ont précipité son déclin en provoquant l'avidité des premiers colons. Cet arbre aussi tortueux que majestueux, est cependant encore présent dans plusieurs forêts de l'île. Il est également l’une des espèces endémiques les plus communes dans les pépinières.

Plantes endémiques

Bois mapou

Bois mapou

Très bel arbre souvent désigné comme étant une “vigne géante”, le mapou tapissait autrefois les vallées de l'île d’une belle litière de verdure. La localité de Mapou, au nord du pays, doit d’ailleurs son nom à l’immense forêt de mapous qui s’y trouvait jadis. L'espèce, qui peut atteindre douze mètres de haut, présente un tronc boursoufle et tortueux de couleur grisâtre. Les jeunes feuilles sont bicolores: vert sur la face du haut et pourpre sur celle du bas (rappelez-vous des tortues). Cette plante est très appréciée pour ses qualités décoratives. On en trouve un partout sur l'île, mais rarement dans leur habitat naturel.

Plantes endémiques

Latanier bleu

Bois de reinette

Ce petit arbuste qui ne paye pas de mine cache un secret étonnant. Si l’on arrache l’une de ses feuilles et qu’on la froisse, il s’en dégage un délicieux et très fort parfum de pomme verte. La plante n’a pourtant aucun lien de parenté avec le pommier. Cette particularité a fait du bois de reinette une plante très utilisée pour la fabrication de différentes décoctions dans la médecine traditionnelle locale. On en trouve encore en grand nombre sur les flancs du Morne.

Latanier bleu

Superbe palmier aux feuilles larges et imposantes, le latanier bleu est l’un des plus beaux représentants des espèces endémiques mauriciennes. Sa couleur très pâle, qui tire vers l'émeraude, fait qu’il est très difficile de ne pas le voir, même dans les bosquets les plus épais. On en trouve un certain nombre dans différents jardins de l'île, notamment au Jardin Botanique de Pamplemousses, mais l'espèce est gravement menacée dans la nature.

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Tambalacoque

Tambalacoque

Aussi connu sous le nom d’« arbre du dodo », , le tambalacoque est l’une des espèces locales les plus connues des scientifiques et des profanes. Selon une théorie, les graines de cet arbre auraient joué un rôle prépondérant dans la survie du dodo. On estime que le gros oiseau disparu avalait tout rond des graines de tambalacoque pour faciliter sa digestion. De nos jours, il ne reste plus guère que quelques spécimens de tambalacoques dans leur environnement d’origine.

Bois de natte

Elégant et raffiné, le bois de natte domine souvent de sa prestance les quelques résidus de forêts primaires mauriciennes. Cet arbre peut atteindre une vingtaine de mètres de haut, avec un tronc fin et élancé se terminant sur une belle et dense chevelure de feuilles au sommet. Sa silhouette longue et fine en fait un magnifique représentant du règne végétal. Certains diront que la plante ressemble à un bonsaï géant...

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