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Ti fleur fanée, la légende d’un hymne créole

La Réunion étant rattachée à la France, l'île sœur ne possède pas d’autres hymnes nationaux que la Marseillaise. Pourtant, il existe une vieille chanson créole qui fait office d’hymne officieux de La Réunion... Voici l’histoire de Ti fleur fanée.

Ti fleur fanée, ti fleur aimée, dis à moin toujours, kouk c’est l’amour...” Tous les natifs de l'île de La Réunion connaissent par cœur les paroles de cette vieille chanson locale. Ce morceau, sorti en 1930, a traversé le siècle sans prendre une ride, et reste à ce jour le tube réunionnais le plus diffusé dans le monde.

Vidéo: Ti fleur fanée, première version, interprétée par Georges Fourcade.

Georges+Fourcade1Son succès a été phénoménal dès sa première diffusion, et “Ti fleur fanée” a rapidement traversé les frontières de l'île à travers plusieurs interprètes locaux et internationaux. Elle est officiellement attribuée à Georges Fourcade, auteur-compositeur-interprète réunionnais surnommé le “barde créole”. Celui-ci la présenta lors de son concours d'entrée à la Société des auteurs de l'île, en 1930. La musique de cette valse créole a également été écrite par un Réunionnais, Jules Fossy.

Récemment, une rumeur selon laquelle Georges Fourcade se serait vu offrir les paroles de la chanson s’est propagée. Elle serait en réalité l’œuvre de Charles Cazal, un ami du chanteur. Cazal aurait offert la chanson à Fourcade alors qu’ils étaient tous deux en exil à Paris. Il n’en a jamais revendiqué la paternité, arguant que “ce qui est donné est donné”.

Vidéo: version de Jean-Pierre Boyer, qui a également eu beaucoup de succès dans l'océan Indien.

Une chose est certaine, Fourcade est bien le premier interprète de Ti fleur fanée. La chanson est une complainte nostalgique du temps passé. Le narrateur se promène en forêt et se rappelle du bonheur de jadis, d’un temps perdu et fabuleux, un thème omniprésent dans la chanson, la poésie et la littérature créoles. Ce motif récurrent est en quelque sorte représentatif de la culture créole, comme c’est aussi le cas pour le “second hymne non officiel” de La Réunion, “Oté gran-mer” du groupe Ousanousava. Ce qui explique en partie l’immense succès du titre.

Vidéo: Version contemporaine plus rythmée, par le ségatier mauricien Alain Ramanisum.

A cette époque, la chanson créole était encore fortement influencée par la variété française, car les sonorités africaines étaient encore mal vues. La musique de Ti Fleur fanée rappelle d’ailleurs certaines chansons d’Edith Piaf ou de Jacques Brel. Fourcade chante à leur manière, avec une diction parfaite, des trémolos dans la voix et en roulant les “r”.

Les reprises contemporaines se sont faites un peu plus créoles, ajoutant ici et là quelques tempos de sega, quelques percussions africaines, un rythme plus entraînant et jovial. Ti fleur fanée a ainsi traversé les générations, chantée par les tantines qui trient le riz au fond des cours, par les buveurs de rhum affalés sous la boutique chinoise, par les pêcheurs de bichiques au bord des rivières.

Et elle vivra encore longtemps dans le cœur de tous les Réunionnais…

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